Au fort de Douaumont

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IMG_0281A l’extérieur, le fort semble à première vue presque invisible : une butte de terre sur l’un des sommets de l’Argonne, mélange de prairie et de ce qui, de loi, semble un amas de rochers. De près, il s’agit d’affleurements de béton là où il a été mis à nu par l’érosion, et d’un ensemble de tourelles (dont la tourelle Galopin à éclipse).

IMG_0299Les Allemands ont occupé le fort du 25 février 1916 (au tout début de la bataille de Verdun) au 24 octobre 1916 quand les Français le reprennent. Le fort a permis aux soldats de trouver un temps de repos, on y soignait aussi les blessés. Construit à partir de 1885 pour accueillir 800 hommes environ, il a hébergé jusqu’à 3000 soldats à la fois pendant la bataille — voire 3500 à un moment ! Les officiers, logés à part, avaient des conditions de vie correctes alors que les simples soldats s’entassaient jusque dans les couloirs.

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A l’origine, le fort était sec et la température y était correcte même l’hiver. Aujourd’hui, les bombardements subis par le fort (1000 obus par jour en moyenne en 1916) ont largement ébranlé la structure de pierre, sable, béton et terre qui formait une carapace de 6 mètres d’épaisseur, et les nombreuses fissures laissent passer l’eau qui ruisselle dans les couloirs et les salles. Le calcaire drainé par ces écoulements a produit des stalactites blanches et, par endroits, on voit naître des stalagmites comme de grosses pustules blanchâtres. IMG_0322

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IMG_0320On y visite un dortoir avec ses châlits de planches sur lesquelles les soldats dormaient avec une paillasse pour seul confort ; il y a une étuve où les vêtements des soldats étaient ébouillantés pour tuer les poux ; on voit les puits et les citernes, une rue intérieure pavée comme une rue de village ; dans les couloirs, des « niches » garnies d’échelons métalliques permettaient de rejoindre les étages inférieurs et leurs kilomètres de galeries. Le surpeuplement comme le fait que toutes les ouvertures avaient dues êtres bouchées expliquent que le manque d’oxygène limitait l’usage des lampes à pétroles ou des bougies : les hommes vivaient dont largement dans le noir. Les Allemands avaient installé des groupes électrogènes et on voit toujours dans les couloirs, pris dans les stalactites, les fils électriques qui équipaient le fort.

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« La visite au fort de Douaumont m’a appris comment vivaient les soldats pendant la bataille de Verdun, les conditions de vie de ces soldats qui devaient dormir dans les couloirs, à côté des obus et des grenades. Ici, un accident a 679 morts parmi les soldats allemands à cause d’un lance-flamme qui a déclenché l’explosion d’un stock de grenades. Cette visite m’a aussi appris que les soldats devenaient sourds à force d’entendre le bruit des obus, certains même devenaient fous. »

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IMG_0307Enfin, il n’y avait que quatre toilettes pour 800 hommes (et pire pour 3000 ou 3500) : vite bouchées elles étaient inutilisables et les Allemands ont dû créer une vingtaine de toilettes supplémentaires à l’extérieur du fort (ce qui ne fait toujours pas beaucoup). Autant dire que le fort devait être d’une saleté repoussante et qu’on en sentait l’odeur à distance !

IMG_0330Mais en ce début d’avril 2016, la pluie annoncée avait reculé et chacun a pu profiter de la nature environnante — d’abord dans les bois autour de Fleury-devant-Douaumont, l’un des neuf villages rasés par la bataille de Verdun et déclarés « morts pour la France », paysage marqué encore de cratères d’obus, puis sur sur les sommets du fort de Douaumont, avant un temps de recueillement à la nécropole qui jouxte l’ossuaire.

« Une autre visite m’a beaucoup plu, c’est celle de l’ossuaire, car quand j’ai vu tous ces noms écrits sur les murs, j’ai compris la violence de la bataille mais aussi de la guerre, puis la souffrance des soldats et surtout de leurs familles qui espéraient les revoir un jour vivants. »

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C’est devenu une sorte de tradition : lors de certaines sorties organisées par l’UDAC de Charenton, M et Mme Beauvillier apportent des roses pour que chaque élève puisse en déposer une — ici sur l’une des tombes de la nécropole de Douaumont (comme nous l’avions fait voici deux ans au cimetière américain d’Omaha Beach ou, il y a plus longtemps encore, à la Cascade du Bois de Boulogne, là où avaient été fusillés 35 jeunes résistants en août 1944).

« Le moment le plus émouvant et symbolique, c’est quand on est allé poser des roses devant les croix des soldats morts pour défendre leur pays mais aussi pour protéger les générations comme la nôtre, les générations futures. Pour ma part, j’ai déposé des fleurs sur la tombe d’un soldat inconnu puis sur celle d’un soldat mort dès 1914 et enfin de deux hommes morts en 1917 ».

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Merci à Romane Bourrelier dont les impressions sont citées ici.

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